Exposition temporaire présentée à la Maison Bélisle
Du 8 juillet au 28 novembre 2021

Entre – Nous
Entre-Nous est une trilogie sculpturale sur les composantes morphologiques et expressives d’une série de neuf sculptures sur socle, des visages en mouvement réalisés en pâte de papier journal recyclé. La juxtaposition et l’hybridité des visages sculptées expriment la mutation non négociable du corps et de l’esprit par les empreintes du temps et l’entremise des interactions sociales. Entre-Nous est en ce sens une réflexion contemporaine à la fois sociale et existentielle sur l’idée de la transformation perpétuelle de nos facettes plurielles à travers la rencontre avec l’altérité.

Lieu de l'exposition

Maison Bélisle
844 rue François-Xavier
Terrebonne   J6W 1G9

Démarche artistique

Diplômé de la Faculté des beaux arts et d’architecture de l’université libanaise à Beyrouth, ma pratique artistique se déploie à partir d’une réflexion sur les thématiques du déplacement et de la disparition. Au moyen d’œuvres sculpturales, j’investis les omissions des récits dominants véhiculés par des réalités sociétales, politiques et idéologiques du monde contemporain. De par ma propre identité hybride et mon vécu personnel, mon travail explore la mutation non négociable du corps et de l’esprit par les empreintes du temps et par l’entremise des interactions sociales. Ce cycle continuel de (dé)constructions et de (dés)organisations des repères devient malgré moi source de création alimentant une pensée en perpétuelle transformation et en constante recomposition à partir d’une mémoire visuelle, auditive et corporelle. Dans cette quête du remodelage des repères au niveau de l’entourage immédiat, j’explore simultanément les questions de la perte et de la recherche de nouveaux repères culturels et géographiques.

Ma démarche et mes préoccupations artistiques portent principalement sur les matériaux recyclés. Mon matériau de prédilection, le papier journal, est un choix en lien direct avec les notions de transformations et d’hybridités identitaires. Le papier journal est lui-même en perpétuelle transformation puisque techniquement un changement au niveau de sa couleur s’opère à partir du moment où la lignine (un biopolymère du bois présent dans le papier journal) réagit face à l’air libre par oxydation. Ces journaux abandonnés portent en eux les traces d’un passé, racontent le vécu des gens et documentent les liens qu’on essaie de tisser… c’est en quelque sorte un journal intime d’une société, d’une ville. La superposition du papier journal suivi du travail de modelage et de compression est ainsi à l’image des couches identitaires juxtaposées qui nous constituent. En recyclant le papier, je parviens à «faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé » comme disait Goethe.